Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/92

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donné son nom à la ville la plus importante et la mieux située, sans se douter qu’elle jetait les fondements d’une cité qui un jour, sous le nom de New-York, serait bien autrement riche et puissante que la métropole ; Albany, la seconde ville de l’état de New-York, dans une bonne position sur l’Hudson, avait été également établie par les Hollandais sous le nom de Fort-Orange. Il y avait quarante et un ans que les Hollandais étaient maîtres incontestés du sol, quand, après la seconde restauration, Charles II donna à son frère, le duc d’York et d’Albany, ce pays que l’Angleterre revendiquait au nom de la découverte de Cabot, comme étant compris dans les limites de la charte fort mal définie, qu’on avait accordée en 1620 à la compagnie de Plymouth.

La guerre décida des prétentions des deux États, et la colonie resta à l’Angleterre beaucoup moins en vertu du droit de découverte, qu’en vertu du droit du plus fort, cette règle suprême, cette ultima ratio du droit des gens qui trouble singulièrement les spéculations des jurisconsultes.

Une conséquence du principe français, qui en montre toute la justice, c’est que la possession s’acquérant par l’occupation, se perdait par l’abandon, comme dans le droit civil ; dans l’autre système, le passage d’un navire anglais ou espagnol suffisait pour fermer à jamais à l’activité européenne la terre qu’on avait entrevue ; ou tout