Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/119

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tes de ce quartier. Cette petite hyène, qui avait l’hystérie du sang, est actuellement au bagne à perpétuité, comme le recéleur et ses autres confrères.

Dans cette bande de coquins, plusieurs cumulaient avec le métier de filou celui d’indicateur. Ils touchaient d’une main leur part de butin, et de l’autre le salaire de la dénonciation ; et tel qui avait déjeuné avec le produit d’un vol soupait avec l’argent distribué pour le faire découvrir. Par système, la police d’alors tolérait cette incrustation de mouchards dans la mosaïque des voleurs, et, à ce sujet, voici dans quel piège tomba l’un de ces espions.

Le fait se passait avant l’avènement de Louis-Philippe.

Un vol d’argent qui n’avait laissé aucune trace d’effraction ayant été commis chez un personnage considérable de l’époque, tous les agents furent mis en campagne, et le voleur, arrêté presque aussitôt, fut conduit, les deux mains parfaitement liées, entre deux brigadiers, à l’hôtel où il avait opéré, pour montrer comment il s’y était pris. Mais, quelques jours après cette confrontation, le maître de la maison s’apercevait qu’une émeraude entourée de diamants, montée sur épingle, et valant une vingtaine de mille francs, avait disparu de la cheminée de sa chambre à coucher.

Aussitôt on fit part de cet événement à l’un des chefs de la police de sûreté de ce temps, et celui-ci n’hésita pas une minute à accuser de ce dernier vol l’un de ses deux hommes. Mais comment convaincre le véritable voleur, et surtout comment lui extraire l’objet précieux ? — Parler, c’était tout perdre ! — Le fonctionnaire se tut