Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/121

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Puis, fichant à son tour l’émeraude au nœud de sa cravate, avec le geste à la fois majestueux et goguenard de Robert-Macaire, il s’en para pour briller devant le préfet… et oublia de la rendre jusqu’à ce jour. — Le diable s’en rit encore !


CHAPITRE XVIII.

Le comparse de l’Ambigu. ― Ode à un acteur. ― Le commensal-assassin. ― La jaunisse d’un premier rôle.


Mais revenons à Lacenaire :

Après être allé, avec Bâton, prendre connaissance de la maison du négociant de la rue de Vendôme, Lacenaire vit que cette affaire était très incertaine, et que son exécution pouvait le renvoyer à une époque assez reculée. Ils avaient besoin d’argent immédiatement l’un et l’autre. La mère de Bâton était une pauvre veuve à qui son fils retirait le pain de la bouche. Malgré cette conduite infâme, ou plutôt à cause de cela même, Bâton voulait faire quelque chose à tout prix et ramasser de l’argent n’importe où, fût-ce dans du sang.

Lacenaire lui parla d’un projet d’assassinat en grand sur les garçons de caisse, sans lui expliquer pourtant les détails de l’affaire. D’ailleurs, Bâton n’avait besoin de rien savoir. Semblable en cela à Avril, il se fiait entièrement aux hautes capacités de son chef de file.

Du reste, le plan de Lacenaire était bien simple. Il