Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/140

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— Eh bien ! leur dit-il, vous alliez faire de la belle besogne en sortant avec ces gas-là, vous ne voyiez donc pas que c’était un coup monté pour vous tuer et vous dépouiller après ?

Et il leur expliqua le plan des agresseurs.

Il n’est point besoin de dire avec quelle docilité les marchands de bœufs restèrent dans la salle du débit, et quelles actions de grâces ils rendirent à leur sauveur.

Les deux hommes qui l’ont si bien échappé sont MM. Duveau et Denis Cigare. Celui qui leur a rendu ce service et qui nous a raconté le fait, avec bien d’autre concernant Lacenaire, est l’ex-débitant lui-même, homme très original, spirituel, rusé comme un diable et devenu depuis un riche propriétaire aux environs de Paris.

Voici quelle a été la récompense de sa conduite.

Il y a à peu près deux mois, on lui réclamait injustement devant le tribunal un cheval et une voiture qu’il avait empruntés et rendus. Mais, ne pouvant malheureusement prouver la restitution, il allait perdre son procès sans compter en plus quatre ou cinq mille francs. Le hasard conduisit sur sa route M. Duveau, à qui il raconta sa mésaventure :

— Tenez, X…, vous m’avez sauvé la vie, il y a plus de vingt ans, lui dit M. Duveau, eh bien, moi, je vais vous faire gagner votre procès, ce sera toujours ça que je vous rendrai. N…, votre adversaire, est de mauvaise foi, car il avait encore, il y a un mois, à la foire de … le cabriolet et le cheval qu’il vous réclame.

Le fait fut allégué devant le tribunal, qui en ordonna