Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/147

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sonne. D’ailleurs, ce n’est pas avec la gendarmerie que je commencerais ce jeu-là… Merci !…

Travacoli s’y opposant, et les autres brigands ne se souciant pas de chercher chicane aux gardiens de l’ordre, on les laissa en paix avec leur sac d’écus.

Ils partirent donc, enchantés du cordial accueil de leurs compagnons de route, et particulièrement émerveillés de la rondeur joviale et franche de l’ancien militaire.

Il ne fut pas longtemps à se consoler d’avoir laissé échapper les deux gendarmes, car, une dizaine de jours après la promenade si peu sentimentale où il avait fait leur connaissance, il avisa dans la rue Saint-Honoré une carriole sans gardien, remplie de paquets de toutes sortes et de toutes grandeurs, stationnant près de l’hôtel d’Aligre, devant la porte du commissionnaire au Mont-de-Piété. C’était un de ces véhicules qui servent quotidiennement à transporter les objets engagés au grand établissement de la rue des Blancs-Manteaux et à rapporter ceux qu’on a dégagés la veille.

Lacenaire était accompagné de Pisse-Vinaigre. Il pouvait être sept heures du soir, et l’on était en octobre. Aussitôt son plan fut arrêté. Il sauta vivement dans la voiture, en faisant signe à son camarade de l’imiter, rassembla les rênes dans sa main et appliqua un vigoureux coup de fouet sur le dos du cheval.

L’animal partit au grand trot, enfila plusieurs rues adjacentes à la grande voie qu’il quittait, et s’arrêta dans une cour avec écurie et remise, connue de ceux qui le menaient. C’était une espèce de fourrière dont le maître recelait les voitures et les chevaux volés, et louait