Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/164

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CHAPITRE XXV.

Rencontre avec Javotte. ― Journée en province. ― Le commencement de la fin.


En passant le long du boulevard, et en face la rue du Temple, Lacenaire se trouva face à face avec Javotte, qu’il n’avait pas vue depuis la fameuse scène du faubourg Saint-Martin. Elle était accompagnée de ce même Baptiste, son amant, qui lui avait révélé le secret de Lacenaire, et elle se trouvait ce jour-là dans une ivresse complète. Lacenaire voulait éviter cette rencontre fâcheuse, mais il ne put y réussir, et, en pleine rue, elle se mit à l’invectiver et à lui reprocher sa tentative sur elle.

Ce n’était pas là le compte de Lacenaire : la scène devenait dramatique et périlleuse, car les sergents de ville commençaient à se dessiner à l’horizon du groupe. L’amant de Javotte l’entraîna chez un marchand de vin dont la boutique formait l’angle du faubourg et de la rue de Bondy. Certes, elle aurait pu se passer de cette nouvelle station ; mais il y avait péril en la demeure, et on l’arracha de cette manière aux regards indiscrets de la police. Lacenaire avait prudemment ordonné à François et à Bâton de filer devant pendant ce colloque inquiétant, et il se mit à boire avec Javotte.

La victime et l’assassin trinquant ensemble ! Quel plus touchant tableau ! Quel échantillon plus caracté-