Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/166

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


de retour à Paris vers le soir, enleva, avec l’aide de François, une pendule à l’étalage de M. Richond, horloger, rue de Richelieu, 108.

Trois jours après ce vol, François étant allé à la barrière avec Soumagnac, acheva d’y dépenser l’argent qui lui en était revenu, et le 6 janvier il se faisait arrêter pour une escroquerie déjà ancienne.

Lacenaire le vit entre les mains des agents de police, un après-midi, sur le quai aux Fleurs, et il apprit le soir même qu’Avril s’était fait mettre en prison.

Quant à lui, ayant gagné trois cents francs au jeu, le 7 janvier, et n’ayant plus rien à faire pour le moment à Paris, il alla faire une tournée en province, à l’instar des célébrités parisiennes en congé.

Les trois criminels devaient se retrouver, un mois après, dans le cabinet du juge d’instruction.

Le 9 janvier 1836, Lacenaire alla donc offrir quelques échantillons de son savoir-faire en escroquerie aux départements qui voudraient bien l’honorer de leur confiance.

Il avait bu jusqu’à la lie dans la coupe du crime, et se trouvait repu de débauche et de sang. Il alla se reposer en Franche-Comté, où vivaient encore des parents de son père.

Il arrive un moment où le criminel, attiré par une invincible attraction, tourne autour de l’échafaud comme la mouche bourdonnante autour du feu. Ainsi, Lacenaire, qui était resté paisiblement sur le théâtre de ses crimes sans être le moins du monde inquiété, qui n’avait laissé