Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/18

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


le commerce des fers. Un ordre de choses qu’il détestait avait enfin prévalu en France, et le calme venait d’y renaître après les orages de la politique. Se voyant sans enfant, et ayant perdu l’espoir d’en avoir, après cinq années de mariage, le négociant quitta les affaires avec une fortune de plus de cinq cents mille francs, et acheta à Francheville une superbe propriété, où il se retira avec sa femme.

Cependant un an après avoir quitté Lyon, madame Lacenaire, qui se croyait à jamais stérile, devint enceinte et accoucha d’un fils, dont la naissance fut accueillie comme une véritable faveur de la Providence. Elle concentra sur lui toutes ses affections. Bientôt après, une fille vint augmenter la famille, et fut reçue avec moins de joie que l’aîné. Elle mourut à dix-sept ans.

À peine ces deux enfants étaient-ils sevrés qu’une seconde fille vint au monde, et le couple Lacenaire, qui avait si longtemps désespéré d’avoir un héritier, vit, encore après, un autre garçon venir augmenter les charges de leur ménage. ― Ce quatrième enfant était celui qui devait devenir si célèbre dans les annales du crime.

Voici le portrait que, dans ses Mémoires, Lacenaire a tracé de lui-même, tel qu’il est sorti des mains de la nature :

« Quant au physique, j’avais un corps grêle et délicat en apparence, comme encore aujourd’hui (1835) quoique j’aie toujours été d’une constitution robuste, je crois qu’il y a bien peu de personnes plus maigres que moi ; mais, comme pour donner en démenti à cette chétive construction, je n’ai jamais été malade de ma vie. J’é-