Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/181

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— C’est bon, dit Lacenaire, je prendrai mes informations.

Quelques jours après son aveu relatif à l’affaire de la rue Montorgueil, il fut sur sa demande transféré à la Force. Là il garda encore le silence pendant près d’une semaine sur l’assassinat de Chardon, dans la crainte de compromettre Avril, parce qu’il croyait que les démarches de celui-ci pour le rechercher n’avaient été faites qu’en vue d’une évasion, et parce que son complice le savait hors de Paris et en sûreté. Mais, convaincu enfin qu’Avril, furieux de n’avoir pas eu sa part dans l’affaire de la rue Montorgueil qu’il croyait avoir été faite, avait voulu le faire arrêter réellement, et par vengeance, après avoir eu l’imprudence de s’en vanter devant d’autres détenus,il se crut quitte envers son ancien ami et demanda à être mis en présence d’Avril et de François.

Voici donc la scène qui se passa entre ces trois criminels, en présence de MM. Allard et Canler.

L’entrevue fut pénible pour Avril et François. Ils courbèrent le front devant Lacenaire, qui les traita en esclaves révoltés contre leur maître.

— Vous m’avez trahi, leur dit-il ; eh bien ! je ferai tomber vos deux têtes avec la mienne ! François, continua-t-il, est mon complice dans le guet-apens de la rue Montorgueil… Quant à Avril, c’est lui qui a frappé avec moi Chardon, dans l’assassinat du passage du Cheval-Rouge.

Jugez de la surprise des assistants, qui ignoraient la complicité d’Avril !

Décidé à faire les aveux les plus complets pour se