Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/22

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


L’enfant joignit ses larmes aux siennes, sans articuler un seul mot, tant la joie l’étouffait.

« Il est certain, dit Lacenaire, que si ma mère m’eût continué ces marques de tendresse, elle eut changé son existence et la mienne. »

Il faut pourtant dire la vérité ; le fils, une fois ces premières effusions passées, conserva à l’égard de sa mère la froide réserve, la taciturnité et la raideur que ses premières injustices lui avaient inspirées. Peut-être quelques marques d’amour filial lui eussent-elles ramené dès ce jour le cœur maternel, mais il ne l’essaya même pas, et, le lendemain de son arrivée, tout rentra dans l’ordre accoutumé.

C’est à partir de ce moment que les torts furent de son côté et y restèrent malheureusement toujours.

Après deux autres années de séjour à Saint-Chamond, l’élève fut renvoyé de ce collège pour avoir médit de la religion catholique et fait l’éloge du protestantisme.


CHAPITRE III.

Révolte au collége. ― La liste des conjurés et la table des proscriptions. ― Première communion. ― La Prédiction.


À sa sortie, il fut placé au séminaire d’Alix, à quelques lieues de Lyon. C’était un triste séjour que celui de cet établissement. À l’exception de M. Reffay de Lusignan, un des professeurs, tout le personnel enseignant