Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/255

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M. le Président. — Vous avait-on abandonné ?

Avril. — On m’a abandonné libre.

M. Allard. — Il est bien certain qu’il se croyait libre, il avait bien une espèce de liberté. Tous les jours un détenu nous dit qu’il connaît des détails, qu’il a des révélations à faire, des indications à donner. Il ne sait pas une adresse, mais offre d’y conduire la police. On le laisse sortir seul en apparence. S’il était accompagné ostensiblement par nos agents, qui sont tous connus des malfaiteurs, les complices prendraient la fuite ; ce serait un bon moyen pour ne jamais prendre personne. On laisse donc les révélateurs seuls, mais on a soin de veiller sur eux.

Avril. — M. Allard a-t-il remis de l’argent à Lacenaire, et ne l’a-t-il pas fait transférer à la Conciergerie pour prix de ses renseignements.

M. Allard. — De l’argent !… de l’argent !… Non, mais toutes les fois qu’un prisonnier se conduit bien, on a des égards pour lui, et même on lui donne des secours pour subvenir à ses besoins. Lacenaire qui se conduisait bien, et qui était (ce sont ses termes) un bon prisonnier, a été mis à l’infirmerie, tandis qu’un autre, qui se conduisait mal, a été mis au cachot. Il est vrai aussi qu’il a obtenu de légers secours.

Un Témoin. — que le National appelle M. Koller, les Débats M. Candet, le Temps, M. Collerc, la Gazette de France et la Quotidienne, M. Calais, et que la Gazette des Tribunaux ne mentionne même pas, ce témoin qui, sans aucun doute, n’est autre que M. Canler, dépose ensuite et entre dans de longs et intéressants dé-