Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/276

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M. le Président. — C’est une erreur ; vérifiez le fait.

R. Fizelier (François) est sorti le 3. — Bâton (Lacenaire) est sorti à la même époque.

M. le Président. — Je vois qu’il est sorti le 6 sur votre livre ?

Pageot. — C’est une erreur.

M. le Président. — Comment avez-vous dit cela ?… J’ai votre registre sous les yeux, et je vois que les deux accusés sont restés chez vous plus longtemps que vous ne le dites. Fizelier y a demeuré du 1er au 7, et Bâton, du 1er au 6. Votre maison est une maison détestable où l’on ne reçoit que des voleurs. Je conçois, du reste, qu’un homme comme vous en impose à la justice ; messieurs les jurés apprécieront votre témoignage.

Un Juré. — Mais le livre de Pageot a une surchage : un 7 au lieu d’un 6 : Pourquoi cela ?

Pageot, troublé. — C’est possible, on ne sait pas… on peut se tromper de date.

M. le Président. — On ne surcharge pas ; vous agissez ici de mauvaise foi. On a pratiqué certains témoins, et votre action répond à votre conduite. Retirez-vous !

M. l’Avocat général. — Les registres de Pageot sont tenus avec une irrégularité coupable !

Avril, qui est étranger à ce débat, à voix basse. — Te voilà chouette ! (empêtré).

Madame Pageot, femme du précédent témoin, fait une déposition semblable à celle de son mari.

L’audience est levée à six heures, et renvoyée au lendemain. Lacenaire se lève, salue la Cour qui se retire, rassemble ses papiers, se lève, rajuste ses habits et met