Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/288

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vembre suivant. Chardon se vantait d’avoir de l’argent, des couverts ; on prétendait même qu’il devait recevoir de la munificence de la reine 10,000 fr. pour la fondation d’une maison de refuge ; pour des accusés tels que ceux qui paraissent devant vous, c’était une occasion tout indiquée.

Le jour est convenu. Vers une heure de l’après-midi, Lacenaire demande à la portière si Chardon est chez lui. Sur sa réponse affirmative, il monte suivi d’Avril. Mais, après avoir frappé inutilement, tous deux redescendent. Dans le passage ils aperçoivent Chardon. « Nous venons de chez toi, » lui disent-ils. — « En ce cas, montez avec moi, » répond le malheureux.

On entre dans une première pièce. Quelques paroles insignifiantes sont à peine échangées. Avril saisit Chardon par le cou ; Lacenaire le frappe avec un tire-point, par derrière d’abord, puis par devant. Chardon tombe, et, en se débattant, ses pieds font ouvrir un buffet plein de vaisselle. Avril s’empare d’un merlin suspendu à la porte et l’achève.

Cela fait, Lacenaire pénètre dans la pièce voisine. Une victime bien facile, une femme de soixante-six ans, y était étendue dans son lit de douleur. De son arme empreinte encore du sang du fils, Lacenaire en a bientôt fini avec la mère. Le lit est déplacé ; une armoire est forcée ; 500 fr., quelques couverts sont enlevés. Jusque sous le verre d’une pendule, la cupidité va chercher une petite Vierge en ivoire, que l’on suppose être d’un grand prix.

Cependant les meurtriers avaient les mains, les vêtements ensanglantés. Le génie dramatique de l’Angleterre