Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/293

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Après des démonstrations si accablantes, nous n’ajouterons qu’un mot sur les révélations de Fréchard. On y voit Avril, dès les premiers jours de décembre, prenant l’initiative pour l’assassinat de Chardon, proposant à Fréchard, à trois reprises, d’y coopérer, et lui assurant qu’il y aurait au moins 10,000 fr. à recueillir. Devant la fille Bastin, Avril s’exprimait avec plus de réserve ; mais il offrait 2,000 francs pour buter avec lui une tante ; et vous savez, initiés que vous avez été aux secrets de cet horrible langage, comment ces mots désignaient clairement Chardon.

C’en est assez quant à Avril. Maintenant, comme Lacenaire, nous passons d’Avril à François.

François est présenté par Bâton à Lacenaire comme ayant proféré ce propos : « Dans la position où je suis, je tuerais un homme pour 20 francs. »

Le 30 décembre seulement, à huit heures du soir, il entre en relations avec lui, et tout d’abord Lacenaire lui fait confidence de son crime du 14. François a bientôt pris sa résolution. Dès le lendemain, il est prêt ; et le voilà, dans la matinée du 31, attendant sur la paille du logement de la rue Montorgueil l’arrivée du garçon de Mallet.

Vers trois heures, Genevay frappe à la porte. Lacenaire l’ouvre, la referme, et pousse Genevay vers une pièce très sombre, où François se tenait devant une table. Comme la victime s’avance, Lacenaire qui était resté derrière elle, lui porte dans l’épaule un coup de tire-point tellement violent, qu’il pénètre jusque dans la poitrine. Cependant, il lui reste assez de force pour crier au voleur ! Alors François se jette sur elle, le saisit au