Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/294

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cou, et cherche à lui mettre les doigts dans la bouche. Mais il n’y peut réussir ; les cris redoublent ; les assassins fuient.

Où vont-ils se retrouver ? C’est ici que l’audition de Bâton a été l’un de ces incidents que la Providence ménage pour éclairer les dernières obscurités d’un procès. Il n’avait assurément nulle envie de parler ; vous le voyez encore, immobile comme une statue, tout pâle de ses crimes, ne laissant tomber ses paroles qu’une à une, sur les interpellations réitérées de M. le président. Eh bien ! la force de la vérité lui arrache tout contre François. Vous ne pouviez attendre une reconnaissance formelle de la part d’un garçon de caisse de dix-huit ans, de femmes, d’enfants, accourus au bruit et glaces de terreur, mais Bâton vous montre les deux assassins en relations la veille de leur tentative ; il vous les montre arrivant chez lui au moment où elle vient d’échouer, allant coucher ensemble, changeant de costume. Grâce à lui, vous les suivez pas à pas.

François avait prétendu n’avoir connu Lacenaire que le 1er janvier 1835. Il est démenti par Bâton, qui affirme les avoir mis en rapport au moins le 30 décembre.

Lacenaire avait déclaré que François, qui le précédait dans la fuite, avait fermé la porte de l’allée après être sorti. Bâton atteste que François arriva en effet le premier vers cinq heures ; que, quand Lacenaire arriva à son tour, une demi-heure après, François lui dit : « Ah ! te voilà, mon pauvre ami, je te croyais arrêté : » à quoi Lacenaire répondit : « Si je ne le suis pas, ce n’est pas ta faute, tu m’a laissé là. »