Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/295

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Lacenaire avait déclaré que la nuit du 31 décembre au 1er janvier avait été passée par eux chez Soumagnac, ami particulier de François rue de l’Égout-Saint-Antoine. Bâton atteste, qu’en effet, le 1er janvier, à dix heures du matin, il les rencontra du côté de la place Royale, et qu’ils lui dirent avoir couché chez un ami, qui fut nommé par eux Magny ou Soumagnac.

Lacenaire avait déclaré que, le 31 décembre, François avait un habit-veste olive, une cravate rouge et une veste de chasse ; mais, le lendemain, François s’était revêtu de la redingote de Lacenaire.

Désormais, le crime les a rivés à la même chaîne. François, quel est cet homme que vous disiez ne pas connaître, qui, du 1er au 6 janvier, a la moitié de votre lit dans l’infâme garnit de Pageot, que vous faites inscrire sous le faux nom de Bâton, pendant que vous vous cachiez sous celui de Fizelier ? C’est Lacenaire. Cette poitrine coupable, d’où peuvent s’échapper, dans le trouble des nuits, d’affreuses révélations, elle ne craint pas de se presser contre la vôtre ; elle reconnaît en vous un confident, un frère.

Vous-même vous vous êtes trahi, lorsque, détenu depuis à Poissy pour autre cause, vous vous êtes cru en sûreté quant à l’attentat de la rue Montorgueil. Voici Leroi-Andréol ; il vous a entendu dire qu’en allant coucher avec Lacenaire, vous fûtes saisi de voir tomber de dessous son manteau un poignard. Voici Alexandre ; il a recueilli de votre bouche que, la veille de l’assassinat du garçon, vous aviez été avec Lacenaire, et vous aviez porté l’outil qui avait servi à cet assassinat et à plusieurs