Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/309

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nuits sont exemptes de songes et de terreurs, ah ! demandez-vous alors si cet homme n’est point travaillé d’une cruelle maladie !

Voyez-le soumettre à la logique, je dirai presque à la morale, son horrible existence…

Écoutez-le vous dire qu’il est plus sage qu’un autre, et puis vous direz : C’est un fou !

Son signalement est donné de tous côtés, il va se cacher sans doute, il va fuir ; il est connu de tous les habitants de la rue Montorgueil, sa perte est certaine : mais si ce n’est point un insensé, s’il lui reste encore ce sentiment de conservation inséparable de la vie, la crainte suspendra pendant quelque temps au moins le cours de ses forfaits… Non, il reste, et le 4 janvier il enlève une pendule à la porte de l’horloger Richond, dans un des quartiers les plus fréquentés de la capitale.

Je vous l’ai dit, messieurs, il avait rêvé un terrible suicide par la main du bourreau ; vous allez le voir s’accomplir.

Paris n’est plus un théâtre assez vaste pour ses exploits ; il le quitte, parcourt la province, laissant partout les traces de son passage, revient bientôt, et repart ensuite pour ne plus revenir que chargé de fers.

Une escroquerie, un faux le font arrêter à Beaune ; pendant ce temps, la police de la capitale suivait ses traces ; bientôt il est dénoncé, reconnu, accusé de l’assassinat tenté sur Genevay.

Certes, messieurs, cette accusation est grave ; mais enfin la victime n’a pas succombé. Il y a quelque chose qui répugne à envoyer à l’échafaud celui qui n’a pas tué.