Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/329

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Rien ne reste de vous ; lorsque l’orage gronde,
Du jour qui détruit tout, la trace est plus profonde,
Du jQue du jour qui mûrit les fleurs.


V


Alors que la jeunesse est une pure flamme,
Le premier sentiment du crime sur notre âme,
C’est un désir subit de vengeance et de mort ;
La tristesse plus tard remplace la colère,
Puis vient l’indifférence à la robe étrangère,
Passant, sans du coupable interroger le sort ;
Mais quand la passion, bouillonnant dans la tête,
Du jour le plus affreux vous fait un jour de fête,
Quand vers tout être étrange on élève les bras,
Alors il n’est pour nous rien de beau, rien d’infâme
Alors on sent au cœur, où vient mourir le blâme,
Un respect calculé pour les grands scélérats !

Paris, janvier 1836.


CALME


EtL’homme est heureux lorsque dans la nature
EtIl n’est plus rien qui le puisse émouvoir,
EtLorsqu’à l’abri du remords qui torture
EtIl sait dormir sans crainte et sans espoir ;
EtLorsqu’attendant le moment qui délivre,
EtIl peut compter ce qui lui reste à vivre,
Et puis, à la lueur d’un lugubre flambeau,
Et puEn chantant composer un livre
Et puPour épitaphe à son tombeau ?
EtIl est heureux lorsqu’à sa dernière heure
Et puIl peut ouvrir un œil serein
EtSans rencontrer une mère qui pleure,
Et puUn ami qui presse sa main ;
EtLorsque, frappé d’un sanglant anathème,
Et puIl n’a pas besoin de pardon,