Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/337

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« J’ai pris le plâtre, j’allais le briser ; le médecin est venu à moi et m’a dit en me frappant sur l’épaule :

— « Bon M. Lacenaire ! comme il y a mis de la patience !

« J’ai épargné ma perfide ressemblance, pour ne pas détromper ce médecin. »


CHAPITRE XLIII.

Le dernier jour d’un condamné.


Le 8 janvier, à neuf heures du soir, il s’endormit d’un profond sommeil, comme à son ordinaire.

À dix heures, le directeur de la Conciergerie entra dans son cachot en lui disant :

— Eh bien ! Lacenaire, je ne croyais pas que nous nous quitterions si tôt ; il faut vous habiller ; on va vous transférer à Bicêtre.

— Allons, monsieur Lebel, allons ! tant mieux, lui répondit Lacenaire ; que cela finisse ; je ne demande qu’une chose, c’est que ce soit pour demain… Voulez-vous me permettre d’écrire trois lignes avant que de sortir d’ici ?

Il s’approcha de la table et traça d’une main assurée les lignes qui suivent, les dernières qu’il ait écrites :

8 janvier 1836, à la Conciergerie, dix heures du soir.

« On vient me chercher pour Bicêtre. Demain sans doute ma tête tombera. Je suis forcé, malgré moi, d’interrompre ces Mémoires, que je confie aux soins de mon éditeur. Le procès complète les révélations. — Adieu