Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/339

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Regret. — Je voudrais alors entrer en danse le plus tôt possible.

Et il se laissa tranquillement revêtir de la camisole de force. Le condamné était, du reste, dans des sentiments de repentir sincère. Il en avait déjà donné des preuves dans une lettre touchante, adressée à ses anciens camarades de Poissy par l’entremise de l’aumônier de cette prison. Cependant, lorsqu’il fut réuni à Lacenaire, un reste de respect humain s’emparant de lui, il se mit à chanter la Parisienne avec son ancien complice, avant de monter dans la voiture qui devait les conduire à Bicêtre.

Au bout d’une heure à peu près, la sourricière, escortée par quatre gendarmes, touchait avec fracas à cette destination.

Il était dix heures trois quarts quand les deux condamnés arrivèrent à Bicêtre.

M. Allard y arriva le même soir et pénétra immédiatement auprès des condamnés pour en obtenir de nouvelles révélations ; mais tous deux déclarèrent au greffe qu’ils n’avaient rien ajouter à leurs paroles :

— J’ai dit ce que je savais, répondit Lacenaire.

M. le Procureur général n’en avait pas moins délégué M. Commerson, un des greffiers de la Cour, pour recevoir les communications qui pourraient être faites au dernier moment par ceux qui allaient mourir. Le même fonctionnaire avait été chargé de surseoir à l’exécution si cette circonstance se présentait.

Lacenaire et Avril avaient été placés dans deux cabanons séparés, mais reliés entre eux par une cloison très