Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/35

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la cour d’assises et la flétrissure d’une peine infamante. À force de sacrifices, il réalisa cinq mille francs, dédommagea une partie des porteurs de fausses traites et prit des arrangements avec les autres.

Autant par prudence que pour obéir à la prière de sa femme, cet homme justement indigné, se méfiant de sa violence, évita de voir son fils, tant il craignait de se laisser aller à quelques excès envers lui. Quant au coupable, il se promenait tranquillement par la ville, sans que le feu des commentaires des amis de sa famille le fit sourciller. Fatigué enfin de cette bravade impie, il s’en alla en Suisse d’abord, puis en Italie. C’est à Vérone qu’il devait commettre son premier meurtre.


CHAPITRE V.

Vérone. ― Un assassinat.


Lacenaire n’était que faussaire à l’époque où il traversa la Suisse, et l’on a pu voir avec quelle aisance il opérait. Il est donc assez intéressant de le voir à l’œuvre dans des situations encore plus sérieuses que toutes celles qu’il a traversées jusqu’ici.

De la Suisse, il se rendit à Vérone et se lia justement avec un habitant de Genève logeant dans la maison même où il était descendu. Il avait laissé en France une personne de confiance chargée de l’avertir de la tournure que prendraient ses affaires de banque,