Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/69

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descendaient, flanquées de leur mère, en s’arrangeant leurs cheveux écarlates. Le quadrille ne tardait pas à s’organiser. Le père Soubise faisait entendre un prélude qui ne se détachait que plus brillamment sur le silence de la nuit et s’écriait : la chaîne anglaise ! — Dans ce temps-là on commandait encore.

Après chaque contredanse, le prince déposait son violon sur une chaise, et servait à ses hôtes des petits verres d’une eau-de-vie ou d’un cassis meurtriers, soldés instantanément, et l’on se remettait en danse.

Vers quatre heures du matin, les danseuses remontaient dans leurs chambres, et les cavaliers, que cet exemple n’encourageait pas à regagner leurs domiciles, s’étendaient où ils pouvaient, et ronflaient jusqu’au jour.

Lacenaire passait assez souvent ses nuits chez le père Soubise, grâce à l’argent qu’il retirait de ses copies.


CHAPITRE XII.

Un vol par devant notaire. ― Le voleur fastueux.


Cette vie d’écrivain public convenait assez à ses goûts d’indépendance. Cependant, il lui fallut la quitter encore, sans aucun tort de sa part cette fois-ci. Le propriétaire de son bureau était un ancien militaire. Un de ses camarades, revenu d’Alger, se trouvant pour le moment sans moyens d’existence, s’adressa à lui. Le chef du bureau d’écritures, n’ayant à disposer d’aucune autre ressource,