Page:Laclos - Les liaisons dangereuses, 1782, T02.djvu/191

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dangereuses. 189

& si, de nous deux, c’est moi qu’on doit taxer d’imprudence[1].

Puisque je suis en train de vous rendre compte, je veux le faire exactement. Je vous entends d’ici me dire que je suis au moins à la merci de ma Femme-de-chambre ; en effet, si elle n’a pas le secret de mes sentimens, elle a celui de mes actions. Quand vous m’en parlâtes jadis, je vous répondis seulement que j’étois sûre d’elle ; & la preuve que cette réponse suffit alors à votre tranquillité, c’est que vous lui avez confié depuis, & pour votre compte, des secrets assez dangereux. Mais à présent que Prévan vous donne de l’ombrage, & que la tête vous en tourne, je me doute bien que vous ne

  1. On saura dans la suite, Lettre CLII, non pas le secret de M. de Valmont, mais à-peu-près de quel genre il étoit ; & le Lecteur sentira qu’on n’a pas pu l’éclaircir davantage sur cet objet.
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