Page:Lacuzon - Éternité, 1902.djvu/69

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Et dès l’heure où la chair exaltant sa croyance.
L’être à l’être enlacé s’est grisé d’un transport.
Comme pour passer outre à sa propre existence.
Tout rêve est un regard infini vers la mort…

Oh ! dis-moi — redis-moi, car je veux être apôtre
Si toute la tristesse où vont sombrer nos vœux.
Hors ce sentiment là put naître un jour d’un autre
Que l’enfant n’a su dire avec tous ses aveux ?

O nature, permets que ton ciel clair m’enseigne !
Dis-moi, par cette nuit qui fit mon cœur plus grand.
Si la blessure au sein dont l’humanité saigne
Ce ne fut pas l’amour qui l’a faite en entrant ?

Et si tous ces tourments, ces regrets sans raison.
Ces besoins d’expier jusqu’à l’espoir lui-même.
Ces soupirs, ces langueurs implorant le pardon
D’un crime insoupçonné qui resta sans baptême ;