Page:Lacuzon - Éternité, 1902.djvu/92

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
80
Éternité


Mais chante un pâtre au loin qui ramène à la brune
Ses grands bœufs tout fumant dans leur nimbe en bruines
Et la légende éprise a fleuri les ruines,
Et fait d’un noir vestige un thyrse au clair de lune.

La nuit monte au ciel calme et plane toute grande,
Et quelque part, dans l’ombre, où son œil s’ouvre alors,
Hanté des farfadets qui courent sur la lande,
La chouette augurale ulule aux malemorts…

— Vois des hommes surgir du fond des matins clairs,
Ils viennent susciter les moissons pour la trêve,
Et leurs outils d’acier où flambent des éclairs,
Imprègnent le sol roux du soleil qui se lève.

Et le vent de la mer et des monts et des plaines,
Le roulement lointain des galets aux rivages,
D’un andante confus dont les nuits restent pleines,
Endorment le bonheur de la terre et des âges.