Page:Lamairesse - L’Empire chinois, le Bouddhisme en Chine et au Thibet.djvu/12

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proprement dite ne s’exerce qu’entre les membres d’une même classe ou d’une même famille ou entre amis. C’est de la solidarité, plutôt que de la charité ou de l’humanité.

Les lettrés souscriront pour soulager un des leurs, mais non pour adoucir une calamité publique, bien que l’exemple leur en soit donné largement par les chrétiens.

L’absence d’institutions et d’associations charitables démontre que la charité telle que nous la comprenons, c’est-à-dire pour tous et surtout pour les petits et les misérables, n’était point au fond des préceptes des anciens sages et législateurs de la Chine.

Le Bouddhisme lui-même, bien que son principe fût la compassion, ne combla point cette lacune lorsqu’il s’introduisit en Chine. Le Pèlerin Bouddhiste Chinois Fa-hien signale comme étant une nouveauté pour lui un hôpital pour les malades et les vieillards qu’il a vus à Patna dans l’Inde Bouddhiste.

Les Chinois sont très sobres ; le peuple se contente d’une nourriture fort simple quoique suffisamment réparatrice et qui est d’un bon marché extraordinaire, en rapport avec le très bas prix de la main d’œuvre.

Ils sont très bons cuisiniers.

La principale qualité des Chinois est l’amour du travail. Ils ont une extrême patience dans leurs travaux de toute nature, œuvres d’art, études, ou bien occupations pénibles et fatigantes. Tous les ouvriers Chinois travaillent dans le but de produire une œuvre finie bien plus qu’avec la hâte de terminer une tache ennuyeuse. De là la perfection de leurs ouvrages.

Comme la lutte entre les nations tend à se porter entièrement sur le terrain économique, les qualités laborieuses du peuple Chinois assurent sa conservation et même son expansion sous tous les climats et sa prédominance future dans les pays qui ne conviennent point aux Européens, soit à cause de leur climat, soit à cause des fièvres paludéennes.

La science Chinoise est essentiellement empirique ; elle constate et enregistre exactement les faits dans l’ordre chronologique[1].

  1. Outre le tribunal de l’histoire, il existe des Annales locales dans beaucoup de villes ; on y imprime tous les faits saillants