Page:Lamairesse - L’Empire chinois, le Bouddhisme en Chine et au Thibet.djvu/13

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Les Chinois comprennent et appliquent heureusement les sciences mathématiques et physiques, mais ils n’ont point le génie actif et inventif. Ils n’ont su tirer qu’un très faible parti des découvertes qu’ils avaient faites bien avant nous dans les sciences, entre autres celle du Carré de l’hypothénuse qu’il n’ont point dépassé. Ils ont quelques auteurs qui ont écrit sur le calcul supérieur, surtout depuis l’arrivée des missionnaires au xviie siècle, quelques uns même ont fait école ; mais ils n’ont pas la même précision que les savants Européens. Les Chinois, bien qu’ils saisissent et retiennent tout, tiennent peu à la rigueur des démonstrations et des résultats, ils se contentent de l’à peu près. Lors de la prise de Canton, on y a trouvé beaucoup de calculateurs mais pas un seul mathématicien. Il y a maintenant dans les Écoles militaires des cours de mathématiques qui sont suivis sans difficulté[1].

De même en métaphysique ; les Chinois sont nuls pour la combinaison et l’invention des systèmes ; à part ceux de leurs anciens moralistes les plus éminents, leurs écrits philosophiques sont creux et ne renferment que des vérités de sens commun. Cependant ils étudient et passent des examens littéraires jusqu’à un âge très avancé. Un grand obstacle au progrès intellectuel en Chine est la complication de l’écriture.

L’art Chinois est à peu près exclusivement réaliste. Il excelle dans les couleurs, dans les dessins de paysages, de fleurs et d’objets champêtres.

Les Chinois ont l’ouïe assez fine et goûtent la musique Européenne comme mesure et harmonie, mais non comme expression du sentiment et de l’idéal. Ils sont nuls dans la composition musicale.

Ils sont également nuls dans la sculpture et la grande peinture.

Leur poésie est comme leur peinture, toute réaliste, ou, pour mieux dire, toute naturaliste. Les fleurs, les eaux, le ciel, la lune etc., y tiennent presque toute la place ;

    du district même ceux qui concernent les femmes, et ces mémoires sont contrôlés par les Mandarins du district réunis.

  1. Parmi les jeunes Annamites envoyés au lycée d’Alger, quelques-uns ont été de très bons élèves pour les Sciences.