Page:Lamarck - Philosophie zoologique 2.djvu/47

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sations, vol. I, p. 90) ; dans la vue, sans doute, d’accorder ce que l’on sait des animaux les plus imparfaits avec l’opinion ancienne et toujours admise, que tous les animaux, sans exception, jouissent de la faculté de sentir.

Les raisons que ce savant apporte pour montrer l’identité de nature entre le sentiment et l’irritabilité, ne m’ont paru ni claires, ni convaincantes : aussi ne détruisent-elles nullement les considérations suivantes qui distinguent éminemment ces deux facultés.

L’irritabilité est un phénomène propre à l’organisation animale, qui n’exige aucun organe spécial pour s’exécuter, et qui subsiste quelque temps encore après la mort de l’individu. Qu’il y ait, dans l’organisation, des organes spéciaux, ou qu’il n’y en ait aucun, cette faculté pouvant néanmoins exister, est donc générale pour tous les animaux.

La sensibilité, au contraire, est un phénomène particulier à certains animaux, en ce qu’elle ne peut se manifester que dans ceux qui ont un organe spécial essentiellement distinct et seul propre à la produire, et en ce qu’elle cesse constamment avec la vie, ou même un peu avant la mort.

On peut assurer que le sentiment ne peut avoir lieu dans un animal sans l’existence d’un organe