Page:Lamare - Histoire de la ville de Saint-Brieuc.djvu/44

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


préjudice de la liberté de l’Église, il fut forcé de sortir de Bretagne et de partir pour l’exil. »[1].

Cet exil doit correspondre aux années 1228 et 1229, car aucune des chartes de cette époque ne fait mention de l’évêque de Saint-Brieuc.

Suivant la Chronique, l’évêque de Poitiers était alors accablé d’infirmités et ne pouvait vaquer aux soins du ministère. Il reçut avec joie Guillaume, qui se chargea de toutes les fonctions épiscopales et s’en acquitta avec le plus grand zèle.

C’est aussi pendant son exil, en 1228, que Guillaume se rendit à Tours, non en qualité d’évêque, mais de chanoine de Saint-Gatien, pour prendre part à l’élection de l’archevêque Juhel.

Pendant ce temps, Pierre Mauclerc était vivement inquiété par le Pape et par le roi Louis IX, son suzerain ; aussi finit-il par rendre la paix religieuse à la Bretagne en 1230, comme le prouvent deux chartes de cette année. Dans l’une, les moines de Marmoutiers pardonnaient au duc ce qu’ils avaient souffert de sa part, à la condition qu’il donnât satisfaction à leurs hommes du prieuré de Lamballe, pour les injures et les dommages qu’il leur avait causés par lui et ses baillis[2]. Dans l’autre charte[3], Guillaume apposait son sceau en faveur de l’abbaye de Saint-Aubin-des-Bois : il était donc de retour dans son diocèse. À partir de ce moment, il intervint souvent, jus-

  1. « Insere a graui persecutione per tyrannorum maliciam in ecclesia Britannica sæuiente, beatus Guillelmus zelo iustitiæ viriliter inflammatus, ferocitati tyraunicæ resistere satagebat : quam ob causam nimijs iniurijs ab ipsis tyrannis et eorum complicibus, est attritus. Nihilominus talem se murum pro domo Domini, quantum poterat, opponebat. Renuens igitur in prœiudicium libertatis ecclesiasticæ Principum acquiescere voluntati, compulsus est exire Britanniam, et in exilium proficisci.» (Ancienne Chronique, citée par La Devison dans ses Remarques, p. 14).
  2. « Liberaliter remiserunt ita tamen quod nos teneremur satisfacere hominibus prioratus de Lambalia, super damnis et injuriis a nobis et nostris baillivis eisdem illatis. » (Chartes de Saint-Martin de Lamballe. — Archives du département des Côtes-du-Nord).
  3. Cartulaire de Saint-Aubin-des-Bois, 179. — Archives du département des Côtes-du-Nord).