Page:Lamare - Histoire de la ville de Saint-Brieuc.djvu/53

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sceaux des contracts des dites villes. » Il est fait mention dans cet acte des bourgeois de Dinan, Lamballe, Guingamp, La Roche-Derrien, Moncontour, Jugon et Châtelaudren, mais non de ceux de Saint-Brieuc[1].

Guy de Montfort répara les maux de la guerre civile. Il peut être cité comme l’un des restaurateurs de la cathédrale.

L’évêque le plus célèbre de Saint-Brieuc, au xive siècle, fut Hugues de Montrelais (1358-73). Conseiller de Charles de Blois et de Jeanne de Penthièvre, il défendit avec habileté les droits de cette princesse, au traité de Guérande (1365). Par ce traité, Jean de Montfort conservait le duché de Bretagne, et Jeanne de Penthièvre, renonçant à ses prétentions après la mort de son mari, gardait son fief patrimonial, le Penthièvre.

La guerre civile ainsi terminée, Hugues de Montrelais crut pouvoir, sans renier son passé, se rapprocher de Jean de Montfort, qui le fit chancelier. Quand Montfort eut demandé contre la France le secours des Anglais, l’évêque de Saint-Brieuc se sépara de lui, il est vrai, mais il eut dès lors une position difficile en Bretagne. Il fut même obligé, en 1372, de se défendre du reproche d’ingratitude auprès du duc d’Anjou, gendre de Charles de Blois. Il lui promit « de ne pas empêcher la canonizacion de Mons. Charles de sainte mémoire, duc de Bretagne, de laquelle le procès est comencez en court de Rome, maes en l’avenir de Dieu et a exultacion doudit Monsieur Charles et de l’ostel de France duquel il est descendu, d’y procurer et avancer. »[2].

Fatigué sans doute de ces attaques, Hugues de Montrelais se retira dans la ville d’Avignon, auprès du pape. Il fut créé cardinal et connu sous le nom de cardinal de Bretagne.

Si Saint-Brieuc eut moins longtemps à souffrir que d’autres villes dans la lutte des Blois et des Montfort,

  1. Dom Morice, Preuves, t. ii, col. 1486.
  2. Dom Morice, Preuves, t. ii, col. 50.