Page:Lamare - Histoire de la ville de Saint-Brieuc.djvu/64

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réunion ne devint définitive que par une série de mariages, notamment celui d’Anne de Bretagne avec Charles VIII, en 1491, puis avec Louis XII, en 1499. À l’occasion du second de ces mariages, l’évêque de Saint-Brieuc assista, comme témoin, au contrat par lequel Louis XII, ratifiant les actes du duc François II et de Charles VIII, reconnaissait les droits et privilèges de la Bretagne. Voilà ce qu’il était permis de stipuler et de revendiquer hautement, et nous verrons si nos pères y ont jamais manqué sous l’ancienne monarchie.

Avec ce grand fait se termine pour nous le xve siècle, mais il convient d’y rattacher encore deux actes de la vie de l’évêque Christophe de Penmarch.

Le premier est relatif à la fondation des Cordeliers. La ville de Saint-Brieuc n’avait pas de couvent, lorsqu’en 1451, les Cordeliers résolurent de s’y établir. Le chanoine Goueorius leur offrit un petit hôpital, prés de Notre-Dame de La Fontaine, et fit ratifier ce don par le duc Pierre II. Christophe de Penmarch, voyant ces religieux persécutés par le chapitre, les prit sous sa protection. Grâce à lui, ils commencèrent à construire une maison près du Légué et obtinrent enfin, en 1503, de Thébauld de Kaymmerch, seigneur du Quilio, et de Jehanne de Couvran, sa femme, le manoir de la Haute-Garde, avec de vastes dépendances, au sud de la ville[1].

L’évêque, qui avait approuvé cette fondation, l’encouragea, deux ans plus tard, dans son testament : « Item à mes pauvres Cordeliers, je leur donne six pipes de mon vin vieil. Item, moyennant que mes armes soient mises comme à Monsieur du Quilliou... pour ce que je suis suzerain du fié et que j’aye esté cause de les faire venir par deça, o ces conditions je leur cède et donne la somme de cinq cents escuz pour ayder a faire l’œuvre, affin que ils pryent Dieu pour moy. »[2].

Ce testament, dans lequel se révèle, d’une manière aussi

  1. Archives des Côtes-du-Nord
  2. Id.