Page:Lamare - Histoire de la ville de Saint-Brieuc.djvu/72

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aucun événement important ne s’était passé à Saint-Brieuc ; aussi les chroniqueurs se bornent-ils à mentionner l’organisation du papegault, ou tir à l’arquebuse, par lettres de François Ier, en date du mois d’octobre 1539. C’était un souvenir de l’ancien tir à l’arbalète, qui avait été usité en Bretagne, puisque le duc Jean V, prescrivant, en 1424, une levée d’hommes dans les paroisses, réglait l’armement de ceux qui savaient tirer de l’arc[1]. Depuis cette époque, l’appel des milices paroissiales devint plus fréquent, à mesure que celui du ban et de l’arrière-ban de la noblesse l’était moins. François Ier, qui s’occupait de former une infanterie nationale, devait encourager tout exercice, tel que le papegault, ayant pour but de développer les habitudes militaires au sein de la bourgeoisie. Il permit donc aux habitants de Saint-Brieuc de s’assembler en compagnie, sous le nom de chevaliers du papegault ou du joyau, pour tirer à l’arquebuse, sur un perroquet de carton ou de bois peint. L’abatteur prenait le titre de roi et avait, entre autres privilèges, la permission de vendre en ville trente tonneaux de vin exempts de tous droits. Les chevaliers se réunirent d’abord au jardin des Buttes, près du carrefour de la Charbonnerie. Leur premier règlement eut un caractère religieux, car l’édit d’institution porte : « Marchant en bataille pour assister le Saint-Sacrement, ils promettront et jureront de le conserver et deffendre au péril de leur vie. »[2].

Après l’organisation de notre première garde civique, à peine peut-on citer, mais sans détails, le passage, à Saint-Brieuc, de Marie Stuart, en 1548. Elle n’avait que six ans et se rendait d’Écosse à Paris pour y être élevée, en atten-

  1. « Voulons et ordonnons que des gens de commun de nostre pays et Duché, en oultre les nobles, se mettent en appareil promptement et sans délay, scavoir est de chaque paroisse trois ou quatre, cinq ou six ou plus, selon le grand ou qualité de la paroisse, lesquels ainsin choisis et esleus soient garnis d’armes et habillemens qui ensuivent, quels les Fabriqueurs de chaque paroisse seront tenus faire quérir aux dépens d’icelle. » Suit le détail. (Dom Morice, Preuves, t. ii, 1166. — Mandement de Jean V, du 20 mars 1424, sur les milices.)
  2. Archives du département et Archives municipales.