Page:Lamare - Histoire de la ville de Saint-Brieuc.djvu/81

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


tingua aux États dans plusieurs commissions et, dans la suite de la guerre, il porta les armes ou assista de ses conseils les généraux du roi. Son nom mérite d’être signalé, car c’est le premier bourgeois de Saint-Brieuc qui ait fait honneur à sa ville natale dans un rôle officiel, et ce n’est pas la dernière fois que nous le verrons à l’œuvre.

Pendant que les bourgeois et les magistrats servaient ainsi la cause du roi, l’évêque Nicolas Langelier, dont nous avons noté les sympathies pour la Ligue, s’était retiré dans la place forte de Dinan, où il avait emporté des archives qu’on n’a jamais pu recouvrer. Le chapitre lui envoya, le 26 octobre, une députation « pour, par son moyen, obtenir une sauvegarde pour la conservation de l’église et biens d’icelle. »

1591. — Au début de la campagne d’été, la guerre prit un plus grand développement, par suite d’un traité signé, le 9 avril, entre la reine d’Angleterre, Élisabeth, et les États de Bretagne. 2 400 Anglais, sous les ordres de Noris, débarquèrent à Paimpol, le 12 mai, et vinrent rallier le prince de Dombes prés de Saint-Brieuc.

Les royalistes, ainsi établis sur la côte, de Paimpol à Saint-Brieuc, et comptant sur d’autres renforts d’Angleterre, attaquèrent les places fortes du Penthièvre. Ils s’emparèrent de Guingamp, le 11 juin, mais ils échouèrent à Lamballe, où périt Lanoue Bras-de-fer. Mercœur n’avait fait que les surveiller pendant ces sièges.

Bientôt il y eut dissentiment entre le prince de Dombes et ses alliés. Les Anglais ne voulaient pas s’éloigner de la côte, qui était leur base d’opérations, et demandaient à retourner à Saint-Brieuc pour soigner leurs malades. Le prince de Dombes, qui préférait ses plaisirs aux fatigues d’une campagne en Basse-Bretagne, se replia vers Rennes avec la plus grande partie de son armée et ne revint plus.

L’histoire de Saint-Brieuc, du mois d’octobre 1591 au mois correspondant de 1592, est tout entière dans deux comptes présentés par Henri Compadre[1], l’un, en qua-

  1. Henri Compadre, sieur de La Ville-Gicquel, était fils de Guillaume Compadre et de Moricette Lochet. Il naquit à Saint-Brieuc en 1546, épousa Jeanne Rohan et mourut eu 1621. Il habitait, dans la rue Clinquaine, ou Quinquaine, une maison à laquelle étaient attachés des droits et des devoirs singuliers, dont nous parlerons en traitant du fief épiscopal, au xviie siècle.