Page:Lamartine - Œuvres complètes de Lamartine, tome 1.djvu/211

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
209
POÉTIQUES.


Toi donc, des mépris de ton âge
Sans être jamais rebuté,
Retrempe ton mâle courage
Dans les flots de l’adversité !
Pour cette lutte qui s’achève,
Que la vérité soit ton glaive,
La justice ton bouclier.
Va, dédaigne d’autres armures ;
Et si tu reçois des blessures,
Nous les couvrirons de laurier !

Vois-tu dans la carrière antique,
Autour des coursiers et des chars,
Jaillir la poussière olympique
Qui les dérobe à nos regards ?
Dans sa course ainsi le génie
Par les nuages de l’envie
Marche longtemps environné ;
Mais, au terme de la carrière,
Des flots de l’indigne poussière
Il sort vainqueur et couronné.