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POÉTIQUES.

Qui dites dans votre pensée :
Nous sommes sages à nos yeux !
Vous changez la nuit en lumière,
Et le jour en ombre grossière
Où se cachent vos voluptés ;
Mais, comme un taureau dans la plaine,
Vous traînez après vous la chaîne
De vos longues iniquités.

Malheur à vous, filles de l’onde,
Îles de Sidon et de Tyr !
Tyrans, qui trafiquez du monde
Avec la pourpre et l’or d’Ophir !
Malheur à vous ! votre heure sonne ;
En vain l’Océan vous couronne !
Malheur à toi, reine des eaux.
À toi qui, sur des mers nouvelles,
Fais retentir comme des ailes
Les voiles de mille vaisseaux !



Ils sont enfin venus les jours de ma justice ;
Ma colère, dit Dieu, se déborde sur vous !

Plus d’encens, plus de sacrifice
Qui puisse éteindre mon courroux !

Je livrerai ce peuple à la mort, au carnage :

Le fer moissonnera comme l’herbe sauvage

Ses bataillons entiers ! —

Seigneur, épargnez-nous ! Seigneur ! — Non, point de trêve :
Et je ferai sur lui ruisseler de mon glaive

Le sang de ses guerriers !

Ses torrents sécheront sous ma brûlante haleine ;
Ma main nivellera comme une vaste plaine