Page:Lamartine - Œuvres complètes de Lamartine, tome 1.djvu/471

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
469
POÉTIQUES.


Mais quoi ! sur ce rayon déjà l’ombre s’envole :
Pour un siècle de pleurs une seule parole !
Est-ce tout ?… c’est assez ! Astre que j’ai chanté,
J’en bénirai toujours ta pieuse clarté,
Soit que dans nos climats, empire des orages,
Comme un vaisseau voguant sur la mer des nuages,
Tu perces rarement la triste obscurité ;
Soit que sous ce beau ciel, propice à ta lumière,
Dans un limpide azur poursuivant ta carrière,
Des couleurs du matin tu dores les coteaux ;
Ou que, te balançant sur une mer tranquille,
Et teignant de tes feux sa surface immobile,
Tes rayons argentés se brisent dans les eaux !