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MÉDITATIONS POÉTIQUES.


Dieu que l’Hébron connaît, Dieu que Cédar adore,
Ta gloire à ces rochers jadis se dévoila ;
Sur le sommet des monts nous te cherchons encore :

Seigneur, réponds-nous ; es-tu là ?


Paisibles habitants de ces saintes retraites,
Comme au pied de ces monts où priait Israël,
Dans le calme des nuits, des hauteurs où vous êtes

N’entendez-vous donc rien du ciel ?


Ne voyez-vous jamais les divines phalanges
Sur vos dômes sacrés descendre et se pencher ?
N’entendez-vous jamais des doux concerts des anges

Retentir l’écho du rocher ?


Quoi ! l’âme en vain regarde, aspire, implore, écoute :
Entre le ciel et nous est-il un mur d’airain ?
Vos yeux toujours levés vers la céleste voûte,

Vos yeux sont-ils levés en vain ?


Pour s’élancer, Seigneur, où ta voix les appelle,
Les astres de la nuit ont des chars de saphirs ;
Pour s’élever à toi, l’aigle au moins a son aile :

Nous n’avons rien que nos soupirs.


Que la voix de tes saints s’élève et te désarme :
La prière du juste est l’encens des mortels.
Et nous, pécheurs, passons : nous n’avons qu’une larme

À répandre sur tes autels.