Page:Lamartine - Œuvres complètes de Lamartine, tome 8.djvu/281

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« Au nom de Dieu, le créateur suprême. Hommages et prières respectueuses soient adressées au plus grand, plus puissant, plus honorable, plus savant et plus beau des prophètes ; le courageux des courageux, le grand des grands, le calife des califes ; le maître du sabre, le rubis rouge, le convertisseur des âmes, l’Iman-Ali. Cette lettre est de Sahid-el-Bokrari, le grand des deux mers et des deux Perses, à son frère l’émir Redaini, le fils de Kroukiar. Nous vous faisons savoir que notre frère l’émir drayhy Ebn-Chahllan, du pays de Bagdad et de Damas, est venu de loin pour nous visiter et faire alliance avec nous. Il a marché sur notre terre et mangé notre pain. Nous lui avons accordé notre amitié, et de plus nous avons pris des engagements particuliers avec lui, d’où il résultera un grand bien et une tranquillité générale. — Nous désirons que vous en fassiez autant ; gardez-vous d’y manquer, car vous perdriez notre estime, et vous agiriez contre la volonté de Dieu et du glorieux Iman-Ali. »

Ici suivaient plusieurs citations de leurs livres saints, le Giaffer-el-Giameh, et les saluts d’usage.

Nous envoyâmes cette lettre à l’émir Redaini, qui vint nous trouver accompagné de cinq cents cavaliers, tous très-richement vêtus d’étoffes brochées en or ; leurs armes étaient montées en argent ciselé, et les lames de leurs sabres merveilleusement damasquinées. Des explications amicales ayant eu lieu, Redaini copia de sa main le traité particulier de l’émir Sahid, et y souscrivit ; ensuite il prit le café, mais refusa de dîner avec nous, les fanatiques de la secte d’Ali ne pouvant manger ni chez les chrétiens ni chez