Page:Lamartine - Œuvres complètes de Lamartine, tome 8.djvu/285

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.

tance, le regard fixé sur eux ; elle les couve, pour ainsi dire, des yeux, qu’elle ne détourne jamais du nid. Elle reste ainsi immobile la moitié de la journée, jusqu’à ce que le mâle vienne la relever : alors elle va chercher sa nourriture pendant que celui-ci fait la garde à son tour. Le chasseur, lorsqu’il a découvert des œufs, forme une espèce d’abri en pierre pour se cacher, et attend derrière le moment favorable. Lorsque la femelle est seule, et que le mâle est assez loin pour ne pas prendre l’alarme au coup de fusil, il tire à balle, court ramasser l’oiseau atteint du coup mortel, essuie son sang, et le replace dans la même position, près des œufs. Quand le mâle revient, il s’approche sans défiance pour commencer sa faction. Le chasseur, resté en embuscade, le tue, et emporte ainsi une double proie. Si le mâle a eu quelque sujet d’alarme, il s’éloigne en courant avec rapidité : on le poursuit alors, mais il se défend en lançant des pierres derrière lui, à la distance d’une portée de fusil, et avec une grande force. Il serait d’ailleurs dangereux de l’approcher trop quand il est en colère ; car son extrême vigueur et sa taille élevée rendraient le combat périlleux, surtout pour les yeux du chasseur.

Lorsque la saison de la chasse aux autruches est passée, les Bédouins montent sur leurs ânes, et vont vendre leurs plumes à Damas et jusqu’à Bagdad.

Lorsqu’un d’eux veut se marier, il engage la moitié de sa chasse de l’année au père de sa fiancée, pour payer sa dot. Ces Bédouins ont une grande vénération pour la mémoire d’Antar, dont ils se prétendent les descendants ; mais je ne sais jusqu’à quel point on peut ajouter foi à cette