Page:Lamartine - Œuvres complètes de Lamartine, tome 8.djvu/47

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Et Théodore de Stalatsch lui répondit :
« Dieu m’est témoin, ô ma vieille mère,
Que j’ai longtemps parcouru le pays et les villes,
Et que nulle part je n’ai trouvé une épouse.
Quand je trouvais pour moi une jeune fille,
La parenté ne t’eût peut-être pas convenu ;
Et où la parenté eût été convenable,
La jeune fille, à mon tour, ne m’eût pas plu.
Mais vois-tu, hier, après midi,
Je passai les froides ondes de la Ressawa,
Et j’aperçus là trente vierges fleuries
Occupées à blanchir leur fil et leur toile.
Parmi ces filles était la belle Ikonia,
L’aimable fille du prince Milutine,
Milutine, le prince des Ressaviens.
Celle-là, chère mère, serait une épouse pour moi,
Et pour toi aussi serait convenable la parenté.
Mais elle est déjà fiancée à un autre ;
Elle a été demandée par Iréné, fils de George,
Pour Sredoj, parent de George.
Mais je veux la posséder, ô ma mère !
La posséder, ou ne plus vivre ! »

Là-dessus la sage mère le reprit :
« Quitte cette idée, fils, si la jeune fille est fiancée !
Ce n’est pas raillerie ! la parente du roi !… »
Mais Théodore n’écouta point sa mère.
Il appela son serviteur Dobriwoj :
« Dobriwoj, toi mon fidèle serviteur,
Amène-moi mon brave alezan ;