Page:Lamartine - Œuvres complètes de Lamartine, tome 8.djvu/81

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80 VOYAGE Le More chevauchait hardiment par la ville ; Il chevauchait jusque dans la cour du palais, Et criait au sultan a tue-tête : Eh ! vieux fou de sultan, donne-moi ta fille ! Et, balançant avec fureur sa pesante massue, Il en frappait les murailles, Et mettait les vitres en pièces. Lorsque le sultan se vit dans cette nécessité, Il promit honteusement de lui donner sa fille. Le More commença alors à parler des noces : Quinze longs jours s’écouleront, dit-il, Jusqu’à ce que je revienne de la côte, Et que j’aie invité les convives parés de fleurs Alors il monta sa svelte cavale, Et retourna au bord de la mer Pour inviter les convives aux noces. Quand la fille du sultan eut appris ceci, Elle pleura. L’infortunée au désespoir s’écriait Malheur à moi ! malheur à moi ! Ai-je donc tant soigné mon visage Pour qu’enfin un vilain noir le caresse ! » Mais quand la nuit commença à noircir, Voilà que la sultane en dormant fit un rêve, Et, dans son rêve, une voix d’homme lui dit Noble dame, il est dans ton pays Une plaine nommée Amsel ; La ville de Prilip s’élève sur cette plaine ;