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JOURNAL D’UN BIBLIOPHILE

le curé me fit signe d’approcher et me dit de me rendre dans le grand salon en attendant de faire une commission.

Il y avait là réunis : l’abbé F.-X. Chagnon, curé de Champlain, N.-Y. ; Ferdinand Gagnon, de Worcester ; le Dr Martel, de Lewiston ; Éd. Mallet, du Département des Réserves indiennes, de Washington ; H. Dubuque et autres. Il y avait là aussi une vieille Canadienne pour laquelle le curé Bédard était à parachever un écrit pour un service quelconque.

En entrant, je fus quelque peu gêné à la vue de tant de personnages qui parlaient haut et s’égayaient à qui mieux mieux.

Après avoir jeté un regard timide sur l’assistance, je fixai les yeux sur la bibliothèque du curé.

Ces rayons garnis de livres bien rangés avaient tout l’attrait et l’aimant nécessaire pour concentrer mon attention.

Comme je me trouvais à regarder deux petits volumes : « Picounoc le Maudit », de Pamphile Lemay, une personne de l’assistance me dit :

— Comment aimerais-tu à lire l’histoire de Picounoc ?

Il va sans dire que je n’étais pas prêt à me prononcer et que ma réponse se fit attendre.

La vieille Canadienne, qui avait fait preuve, jusqu’alors, de verbiage, vint me tirer d’embarras,


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