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JOURNAL D’UN BIBLIOPHILE

français pour remplacer le regretté curé Bédard qui venait de mourir[1].

Ce fut une lutte nécessaire, imposée, mais qui devait aboutir à un succès final pour la cause sacrée de la foi et de la langue de nos compatriotes.

Je continuai par la suite à m’occuper de la cause religieuse et nationale et suivis les événements de Danielson et autres qui, de temps en temps, venaient faire sursauter d’indignation et se cambrer dans des irritations spasmodiques les Canadiens français tenus en tutelle par une autorité accapareuse et persécutrice.

Au printemps de 1906, éclatèrent les troubles du Maine. L’annihilation du parler français dans le diocèse de Portland avait été décrétée.

« Le Messager » et « La Justice » publièrent des articles de protestations énergiques. Toute la presse franco-américaine était en ébullition, mais la plupart des journaux conseillaient la prudence.

« L’Avenir National », de Manchester, auquel collaborait mon ami Wilfrid, disait : « Soyons sages et ne disons rien. »

Je pris un abonnement au « Messager » de Lewiston, pour suivre les péripéties de la lutte engagée.

Ma demande d’abonnement était accompagnée

  1. M. P. U. Vaillant, rédacteur du journal « Le Castor », publia en 1866 une biographie du Révérend Père J.-B. Bédard (le prêtre patriote) dont je n’étais pas complètement étranger sur certains faits donnés.
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