Page:Lambert - Le Mandarin.pdf/235

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

222
LE MANDARIN.

— Vous êtes bien bon ! repartit le Solitaire. Moi, je me consacre a des études plus sérieuses. Vous ai-je parlé de mes travaux sur la nécromancie ?

— Non, car c’eût été a mon tour de vous répondre : vous êtes bien bon ! Ceci nous prouve une fois de plus, comme l’assure M. de La Palisse, qu’on voit avec ses yeux autrement qu’on ne verrait avec les yeux des autres.

Le Solitaire continua sans se troubler :

— Vous savez, mon cher ami, que je partage toutes vos idées philosophiques et qu’en outre je suis fataliste acharné. Bref, je me crois en droit d’affirmer qu’à une époque plus ou moins éloignée, lorsque nos connaissances en physiologie vaudront la peine qu’on en parle, et lorsque nous aurons surpris quelques secrets de plus a la chimie organique ; lorsqu’enfin la science de la vie sera quelque peu ébauchée, j’affirme, dis-je, que les savants pourront prédire les différentes révolutions et les actes principaux de la vie des hommes, de même que les chimistes prédisent la formation des substances,