Page:Lange - Histoire du matérialisme, Pommerol, 1877, tome 1.djvu/174

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CHAPITRE V

Le poëme didactique de Lucrèce sur la nature.


Rome et le matérialisme. — Lucrèce ; son caractère et ses tendances. — Sommaire du Ier livre : la religion est la source de tout mal. — Rien ne naît de rien et rien ne peut être anéanti. — Le vide et les atomes. — Éloge d’Empédocle. — Le monde est infini. — Idée de la pesanteur. — La finalité considérée comme cas spécial et permanent dans toutes les combinaisons possibles. — Sommaire du IIe livre : Les atomes et leurs mouvements. — Origine de la sensation. — Les mondes qui naissent et disparaissent sont en nombre infini. — Sommaire du IIIe livre : L’âme. — Inanité de la crainte de la mort. — Sommaire du IVe livre : L’anthropologie spéciale. — Sommaire du Ve livre : Cosmogonie. — La méthode des possibilités dans l’explication de la nature. — Développement du genre humain. — Origine du langage, des arts, des États. — La religion. — Sommaire du VIe livre : Phénomènes météoriques. — Maladies. — Les régions averniennes. — Explication de l’attraction magnétique.


De tous les peuples de l’antiquité, le peuple romain fut peut-être celui qui, dès son origine, se montra le plus opposé aux opinions matérialistes. Sa religion était profondément enracinée dans la superstition et toute sa vie politique dominée par des formules superstitieuses. Les mœurs traditionnelles étaient maintenues avec une extrême obstination ; l’art et la science avaient peu de charmes pour les Romains, l’étude de la nature leur en offrait moins encore. La tendance pratique de leur vie s’accusait dans tous leurs actes ; cette tendance elle-même, loin d’être matérialiste, était en général spiritualiste. Ils préféraient la domination à l’opulence, la gloire au bien-être, le succès à tout le reste. Leurs vertus