Page:Lange - Histoire du matérialisme, Pommerol, 1877, tome 1.djvu/255

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CHAPITRE III

Retour des opinions matérialistes avec la renaissance des sciences.


La scholastique forme le trait d’union des civilisations européennes. — Le mouvement de la renaissance des sciences se termine par la réforme de la philosophie. — La théorie de la vérité double. — L’averroïsme à Padoue. — Pierre Pomponace. — Nicolas d’Autrecour. — Laurent Valla. — Melanchthon et divers psychologues de l’époque de la Réforme. — Copernic. — Giordano Bruno. — Bacon de Verulam. — Descartes. — Influence de la psychologie des bêtes. — Système de Descartes et ses opinions véritables.


Au lieu de connaissances positives, le règne de la scholastique dans le domaine des sciences ne produisit qu’un système immobile de concepts et d’expressions, que consacrait l’autorité des siècles. Le progrès dut même commencer par la destruction de ce système, dans lequel s’étaient incarnés tous les préjugés, toutes les erreurs fondamentales de la philosophie traditionnelle. Cependant, les liens dont la scholastique avait entouré la pensée ne laissèrent pas de favoriser, eu égard à l’époque, le développement de l’esprit humain. Abstraction faite des exercices artificiels de la pensée, qui, même sous la forme la plus dégénérée, que la philosophie d’Aristote pût prendre, continuèrent d’avoir une action très-efficace sur les esprits, telle communauté intellectuelle, que le vieux système avait établie, devint bientôt un agent très-utile pour la propagation de pensées nouvelles. L’époque de la renaissance des sciences trouva les savants de