Page:Lange - Histoire du matérialisme, Pommerol, 1877, tome 1.djvu/317

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CHAPITRE III

Effets produits par le matérialisme en Angleterre.


Connexion entre le matérialisme du XVIIe siècle et celui du XVIIIe. — Circonstances qui favorisèrent le développement du matérialisme en Angleterre. — Union du matérialisme fondé sur les sciences physiques et naturelles avec la foi religieuse ; Boyle et Newton. — Boyle, sa personne et son caractère. Sa prédilection pour l’expérimentation. — Il est partisan de la conception mécanique du monde. — Newton, son caractère et sa vie. — Réflexion sur la manière dont Newton fit sa découverte : il admettait l’hypothèse générale d’une cause physique de la pesanteur. — La pensée que cet agent hypothétique détermine aussi le mouvement des corps célestes était proche et préparée ; — en transportant l’action du tout aux molécules particulières, on ne faisait que tirer une conséquence de l’atomisme : — l’hypothèse d’une matière impondérable produisant la gravitation par son choc était préparée par l’interprétation relativise de l’atomisme chez Hobbes ; — Newton se déclare de la manière la plus formelle contre l’interprétation de sa doctrine qui prédomine aujourd’hui ; — mais il sépare le côté physique d’avec le côté mathématique de la question ; — du triomphe des études purement mathématiques est née une physique nouvelle. — Influence du caractère politique de l’époque sur les conséquences des systèmes. — John Locke ; sa vie, développement de ses idées. — Son ouvrage sur l’Entendement humain ; — autres écrits. — John Toland ; son idée d’un culte philosophique ; sa dissertation : le Mouvement comme propriété essentielle de la matière.


Il s’écoula près d’un siècle entre le développement des systèmes matérialistes des temps modernes et les écrits audacieux d’un de la Mettrie, qui se complut à mettre en lumière précisément les côtés du matérialisme, qui sont de nature à scandaliser le monde chrétien. Sans doute ni Gassendi ni Hobbes n’avaient pu se soustraire entièrement aux consé-