Page:Lange - Histoire du matérialisme, Pommerol, 1877, tome 1.djvu/468

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CHAPITRE IV

La réaction contre le matérialisme en Allemagne.


La philosophie de Leibnitz essaie de vaincre le matérialisme. — Influence populaire et véritable sens des doctrines philosophiques ; la théorie de l’immatérialité de l’âme. — L’optimisme et ses rapports avec la mécanique. — La théorie des idées innées. — La philosophie de Wolff et la théorie de l’unité de l’âme. — La psychologie animale. — Écrits contre le matérialisme. — Insuffisance de la philosophie universitaire contre le matérialisme. — Le matérialisme refoulé par la tendance idéale du XVIIIe siècle. — Réforme des écoles depuis le commencement du siècle. — La recherche de l’idéal. — Influence du spinozisme. — Gœthe, son spinozisme et son opinion sur le Système de la nature. — Élimination de toute philosophie.


Nous avons vu que le matérialisme prit de bonne heure racine en Allemagne ; mais c’est aussi dans ce pays que se produisit une violente réaction contre ce système ; ce mouvement qui se prolongent durant une grande partie du XVIIIe siècle, mérite d’être étudié. Dès le commencement de ce siècle se répandit la philosophie de Leibnitz, dont les traits principaux témoignent d’un effort grandiose pour échapper directement au matérialisme. Personne ne peut méconnaître la parenté des monades avec les atomes des physiciens (92). L’expression « principia rerum » ou « elementa rerum », que Lucrèce emploie au lieu de celle d’atomes, pourrait tout aussi bien servir à désigner comme idée générique à la fois les monades et les atomes. Les monades de Leibnitz sont assuré-