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SOUVENIRS POLITIQUES

tre alternative que de résigner ou d’être démis. Mais, du moment que les électeurs de la province avaient ratifié son action, il faut admettre que la démission forcée de M. Letellier fut un acte arbitraire de la part du gouvernement fédéral.

Chose singulière ! Ce même M. Angers qui avait proclamé si haut en 1879 le respect de la constitution, fut le premier à violer ces principes sacrés dont il s’était constitué le défenseur. En 1892, en effet, il occupait à son tour le poste de Lieutenant-Gouverneur à Québec : il n’hésita point à renvoyer le gouvernement Mercier qui venait de sortir des élections avec une grande majorité. Il lui refusa même la convocation des Chambres et une enquête parlementaire. Sa conduite outrageusement inconstitutionnelle ne lui attira aucune censure pour la raison que ses amis politiques occupaient le pouvoir à Ottawa. S’il a été absous par ceux-ci, il n’en a pas été de même du peuple qui lui a voué une significative exécration qui l’a toujours poursuivi depuis. L’injure et l’outrage éclatèrent comme la vengeance sur son nom. Ce fut le débordement de l’âme irritée d’un parti.

L’arrêté en conseil qui révoquait de ses fonctions M. Letellier fut passé le 25 juillet. C’est M. Édouard Langevin, le frère du ministre qui fut chargé de lui signifier cette nou-