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SOUVENIRS POLITIQUES

tout leurs idées. Ils firent une lutte gigantesque pour assurer la victoire à M. Joly. On peut donc dire que c’est M. Letellier qui a sérieusement commencé l’œuvre de la « libéralisation » de la province, laquelle a été complétée plus tard par M. Mercier. C’est lui qui a achevé de dissiper tous les préjugés que l’on avait depuis des années accumulés contre le parti libéral. Hélas ! les ministres libéraux ne se sont guère souvenu de M. Letellier après qu’il fut descendu dans la tombe ! Il avait laissé ses enfants dans la pauvreté, et ils n’ont jamais pu obtenir la moindre faveur de ceux qui avaient tant profité du travail de leur père. Que les partis politiques sont ingrats ! Ils ne savent reconnaître que les services actuels : ceux rendus dans le passé ne compte plus, on les oublie afin d’avoir moins de scrupule à ne pas les récompenser !

Pendant le temps qui s’était écoulé depuis la clôture de la session en 1878, M. Joly avait poussé avec vigueur le parachèvement des travaux du chemin de fer du Nord entre Québec et Montréal. Il avait aussi pris possession de la partie terminée du chemin entre cette dernière ville et Ottawa et exploitée par l’entrepreneur M. McDonald. Le gouvernement était sorti victorieux d’un procès en injonction que lui avait institué ce dernier. Le 7 février 1878, M. Joly arrivait à Québec à bord du pre-